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JOACHIM LE SOURD

JOURNAL
(1915-1920)
suivi de :
AUTRES SOUVENIRS DE FAMILLE, présentés par :
LA REYNE DE COUPE
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La suite est un peu
longue à venir, mais entre une mère acariâtre qui passe son temps à tomber dans l'escalier, une double CSG pour cette année, on n'en parle pas dans les media, la fatigue innérante à mon âge, mes
deux amours de chats; mais néanmoins turbulents à s'occuper, et la récente panne de l'ordinateur, je suis un peu débordée.
Lorsque mes parents se marièrent en 1959, le rez-de-chaussée était libre, ils purent s'y instaler.
La pièce qui est actuellement le sallon était leur chambre, la salle-àmanger, la salle de séjour, il y avait aussi une cuisine et un cabinet de toilette, plus l'entrée. La maison a aussi un petit jardin, une cave et un garage.
Les deux étages furent rapidement libérés, mes parents transportèrent leur chambre à coucher au premier étage et y firent installer une salle-de-bains, car celle qui devait exister à l'origine de la maison avait disparu, les locataires n'en ayant sansdoute pas l'usage! A côté de leur chambre, donc, le petit cagibi où ils rangent leurs vêtements et où ils installèrent le berceau du bébé bien plus tard. L'autre grande chambre était occupée le cas échéant par ma grand-mère.
Quant à l'appartement du second étage, il fut occupé par mon oncle Philippe, le premier frère de mon père et sa femme. Je n'ai jamais rencontré cette dernière, elle l'a quitté bien avant ma naissance.
Philippe garda l'appartement jusqu'à environ 1974, y venant de moins en moins. Il était pilote dans l'armée, ce fut le moment où il renontra sa seconde épouse, une Tahitienne, avec laquelle il s'installa à Tahiti, avec quelques retours en France, mais finalement il a terminé sa vie à Tahiti, sur l'île de Morea.
Pour en revenir à la maison, avant de continuer l'histoire des chambres, Asnières(...) j'y suis quasiment née et j'y vis toujours, et bien que ma mère l'eut au départ détestée, par jalousie, elle est bien ancrée dans le patrimoine familial.
En 1937, mon grand-père paternel qui, bien que diplômé d'HEC, venait de passer quelques années dificiles sur le plan professionnel, du fait de la crise de 1929, eu l'opportunité d'un poste de directeur d'usine à Asnièrs, poste qui comprenait un logement de fonction constitué d'un grand pavillon, où il se trouve qu'il allait y habiter jusqu'à sa mort.
Dans les années 1950 , il acheta à une vente aux enchères une maison, placement, en vue de la retraite sans doute. Un bon investissement aussi.
Cette maison particulière, à son origine, avait été divisée en appartements pour la location. Ainsi le rez de chaussée et les 2 étages représentaient 3 appartements.
Je suis née le 5 février 1964, ma petite soeur le 30 octobre 1966, la différence d'âge n'et donc pas très grande. Les mois qui prédèrent la naissance de cette dernière sont assez infernaux dans mon souvenir. L'on m'avait annoncé la venue d'un petit frère et j'avais la vision d'une grosse brute qui casserait tout. D'autre part ma mère était très nerveuse, la plupart du temps elle était au lit, et c'est ma grand-mère qui s'occupait de moi... jusqu'à ce matin où ma grand-mère vint me réveiller, maman avait di^paru, l'explication était qu'elle avait été chrcher le petit frêre. D'autre aprt, une fois que j'ai eu pris mon petit déjeuner, que me fus lavée et habillée, ma grand-mère m'emmena chez elle à Paris. Nous montêmes dans le taxi avec armes et bagages. J'essayais de lui tirer des explications; j'aurais préférer rester à la maison et je ne voyais pas ce qui empêchait Mémé qui était là, en continu depuis plusieurs semaines, et quasiment tout le temps depuis les mois précédent de rester encore. Mais elle me dit que ce n'était pas possible : "Ta maman ne veut pas."
Le dragon avait parlé et tout le monde s'inclinait, et moi je n'était qu'un objet balloté de droite à gauche.
Le bref soulagement que je ressentis en sachant que je n'avais qu'une soeur au lieu dufrère prévu, fut de courte durée; l'objet Marie-Christine continua à être utilisé.
L'aigreur de ma mère envers sa belle-famille se retourna contre moi; je dus aller passer la fin de son séjour en clinique chez mes grand-parents paternels. Retour à Asnières, donc, mais pas chez moi.
Cela me paraissait long, très long.
Vingt-cinq ou trente ans plus tard, ma soeur restée petite dernière, ma demanda si j'avais eu peur que mes parents ne me reprennent jamais! A vrai dire, non. Toutefois, quelque chose s'était brisé. J'avais cessé d'être une personne intéresante. Maintenant des tas de vieilles personnes se pressaient à la maison pour voir le bébé et me dire des machancetés... A moins que ce ne sois le contraire...