JOACHIM LE SOURD

JOURNAL
(1915-1920)
suivi de :
AUTRES SOUVENIRS DE FAMILLE, présentés par :
LA REYNE DE COUPE
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Nous voulions une belle salle de bains, rien que pour nous, avec le confort et la chaleur et la fraîcheur, et Véronique voulait une
grande chambre.
Maman tomba des nues, l'art du bain, des soins de beauté l'ont toujours laissée indifférente, et ele pouvaie encore moins imaginer que Véronique éprouvât le besoin d'une grande chambre, elle-même
s'étant contentée d'une toute petite chambre sans en souffrir le moins du monde...
Il fallu encore impiser que les choses soient bien faites. D'abord mettre de nouvelles fenêtres et isoler les pièces à refaire, ne pas garder la vieille moquette dans la nouvelle chambre, mettre
un nouveau carrelage dans la salle de bains... et ne mettre dans la chambre de Véronqique que les meubles de Véronique. Cette pièce ayant été remplie des meubles du salon des parents de ma mère,
elle aurait voulu y laisser une commode, ma soeur n'aurait pas dit non à condition que la commode soit vide! mais ce fut non, la commade devait contenir exactement ce qu'elle contenait chez ma
grand-mère, en gros tout et n'importe quoi, des souvenirs, des dépliants publicitaires, bref le genre de fouillis que nous gardons tous par négligence dans nos bureaux.
Une autre chose qu'il fallu imposer, c'est que l'ancienne chambre de ma soeur, et que l'armoire qu'elle avait vidé soit pour moi parce que je n'avais pas suffisemment de place pour ranger mes
vêtements dans ma chambre. Encore ce fut dur car quand Vé et moi disions que nous n'avions pas assez de place pour ranger nos affaires, l'on nous disait que nous avions trop de choses. A
vra&i dire nous n'avions rien, plus misérables que les pauvres. Je n'avais jamais eu grand chose, ma soeur encore moins, puisqu'elle portait mes vieux vêtements. Quand j'eu ma taille adulte
ma mère me ressortit de très vieilles robes à elle et je n'eus qu'à me débrouiller avec ça (du 42 quand on taille du 34, j'étais contente!), les épaules m'arrivaient aux coudes, et les robes
ayant étaient faites sur mesure, la taille sous les bras, j'exagère à peine, je suis longue et mince, pas elle, mais la jalousie n'a pas de limites et rend aveugle.