Alors la vie normale reprit son cours -clase et vacances- Le Chesnay, souvent le week-end. Pâques; septembre à Bar. C'était alors un grand voyage : train à la gare de l'est et changement de train à Troyes pour une heure. En arrivant on alait à pied à la maison, suivi s de la brouette pour transporter la male. la route traversait le pont de la Seine, très souvent, presqu'à sec en été avec ses rocailles, mousses, herbes où couraient les filets d'eau; à proximité un déversoir pour un moulin et une tannerie. Pour moi des merveilles. Ces paysages gravés dans mon esprit et dans mon coeur, combien je les regrette!
On faisait aussi de grandes promenades : papa nous emmenait aux champignons ou aux escargotd, puis à la pêche où j'attrapais quelques rares vairons. On allait aux jardins sur l'eau : petits jardins au bord de la Seine dont il fallait connaître la propriétaire. DE là on pouvait revenir par une jolie promenade appelée le Croc-Ferrand, avec la traversée d'un ravissant pont de bois appelé Pont Vert tout simplement. L'eau d'un côté, les taillis, les fleurs sauvages de l'autre, c'était superbe.
Quelquefois on allait très loin pour goûter, emportant un panier bien garni, l'endroit s'appelait le Puits l'Ermite, rien que des près, pleins de fleurs, surtout les colchiques mauves de septembre.
Le dimanche, c'était à dix heurs la grand-messe avec orgue dans la magnifique église du XIIè siècle, je crois.
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petit frère, c'est une petite soeur que j'aurais voulu. Il est né au Chesnay chez la maman de maman. Moi j'avais, pour la circonstance, été amenée à Bar-sur-Seine chez mon arrière-grand-mère et sa fille, la bonne tante Hélène. Je l'ai bien fait damner, ainsi que la la gentille Germaine, environ seize ans, petite bonne de la maison.
e ma vie. Je fus sauvée de justesse, parait-il, grâce à la mère de papa qui, venant me voir un soir, s'parçut que je j'étouffais et a fait alerter un vieux docteur avec une couronne de cheveux blancs, le seul qu'on ai pu trouver à ctte heure là, n'ayant rien il m'a mis des ventouses avec des verres fins. Je le vois encore et moi aussi lui disant en pleurant : "arrêtez, mon petit docteur chéri, vous me fates trop mal." Les jours suivants, emballage dans des draps mouillés sur une table dans le bureau et bains chauds dans une baignoire louée pour l'occasion. Une fois guérie, j'ai été très heureuse de retrouver ma classe et mes compagnes.
L'année de mes sept ans revêt pour moi une grande importance. La nouveauté était de faire la Première Communion à sept ans. Maman n'était pas d'accord, elle a fini par accepter moyennant la promesse que je ne ferais pas de Communion Solennelle. J'ai gardé un merveilleux souvenir de cette journée de mars 1912. Une robe blanche, courronne de fleurs sur la tête et la chapelle pour moi toute seule et ma famille, toute illuminée et fleurie. Même mon arrière-grand-mère était venue de Bar-sur-Seine. 
