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Lundi 14 mai 2007

Alors la vie normale reprit son cours -clase et vacances- Le Chesnay, souvent le week-end. Pâques; septembre à Bar. C'était alors un grand voyage : train à la gare de l'est et changement de train à Troyes pour une heure. En arrivant on alait à pied à la maison, suivi s de la brouette pour transporter la male. la route traversait le pont de la Seine, très souvent, presqu'à sec en été avec ses rocailles, mousses, herbes où couraient les filets d'eau; à proximité un déversoir pour un moulin et une tannerie. Pour moi des merveilles. Ces paysages gravés dans mon esprit et dans mon coeur, combien je les regrette!

On faisait aussi de grandes promenades  : papa nous emmenait aux champignons ou aux escargotd, puis à la pêche où j'attrapais quelques rares vairons. On allait aux jardins sur l'eau : petits jardins au bord  de la Seine dont il fallait connaître la propriétaire. DE là on pouvait revenir par une jolie promenade appelée le Croc-Ferrand, avec la traversée d'un ravissant pont de bois appelé Pont Vert tout simplement. L'eau d'un côté, les taillis, les fleurs sauvages de l'autre, c'était superbe.

Quelquefois on allait très loin pour goûter, emportant un panier bien garni, l'endroit s'appelait le Puits l'Ermite, rien que des près, pleins de fleurs, surtout les colchiques mauves de septembre.

Le dimanche, c'était à dix heurs la grand-messe avec orgue dans la magnifique église du XIIè siècle, je crois.

par Marie-Christine publié dans : Mamie
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Dimanche 13 mai 2007

Puis ce fut 1914; Papa fut mobilisé et maman affolée de rester seule avec deux enfants est partie au Chesnay s'installer avec nous. Papa venait souvent nous voir; il était dans la territoriale basée vers Saint-Germain et chargé de creuser des tranchées pour défendre Paris!

Ma bonne nounou, revenue dès la  naissance d'Antoine est restée un moment avec nous, si heureuse de me revoir et moi aussi. Nous allions nous promener par le faubourg SaintAntoine jusqu'au parc du château avec le bébé.

Après les vacances s'est posée la question de la classe pour moi, maman m'a fait choisir entre aller à une écol près de la maison, ou rester à mon cours et être pensionnaire. Je n'ai pas hésité une minute, et je me suis rendue compte plus tard quelle peine elle avait dû avoir : en arrivant avec ma valise je sautais de joie en montant au dortoir!

Tous les quinze jours, j'allais au Chesnay, je ne me souviens pas des départs le samedi, mais pour le retour, c'était ma grand^mère Baillot, qui habitait Versailles, qui me ramenait par le train et voiture et disait au cocher de l'arrêter aux chalets de nécessité, j'en étais toute honteuse : j'avais dix ans! Alors cela n'a pas duré longtemps et j'ai déclaré que j'étais bien assez grande pour rentrer toute seule. Ainsi, je prenais le tramway pour la gare et le train le lundi matin pour Montparnasse, puis encore un tramway pour la rue Oudinot. Et ainsi jusqu'à ce que papa étant démobilisé nous sommes rentrés au 136.

Enfin la fin de la guerre, je n'ai jamais oublié la précipitation de la maîtresse et de toute la classe vers la fenêtre ouverte pour mieux entendre les carillons de toutes les cloches de Paris.

par Marie-Christine publié dans : Mamie
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Dimanche 1 avril 2007

Revenons à la famille, quand j'eu huit ans et demi il arriva un petit frère, c'est une petite soeur que j'aurais voulu. Il est né au Chesnay chez la maman de maman. Moi j'avais, pour la circonstance, été amenée à Bar-sur-Seine chez mon arrière-grand-mère et sa fille, la bonne tante Hélène. Je l'ai bien fait damner, ainsi que la la gentille Germaine, environ seize ans, petite bonne de la maison.

Pourtant, c'était un enchantement avec la ferme en face d'où on voyait sortir et rentrer les vaches, battre le blé, picorer les poules sur un magistral tas de paille. Il y avait un superbe jardin avec des massifs et des bosquets pour se cacher, un vieux puits dans lequel on puisait des seaux d'eau fraîche l'été. A côté un tonneau vide pour récolter l'aeu de pluie, l était enjolivé de quelques araignées d'eau et parfois de grenouilles. LA maison avait deux étages, nous habitions le premier. Le jardin était, lui, à un étage en dessous de la rue. C'était donc toute une promenade pour s'y rendre : descendre un escalier puis une allée très en pente en bas duquel se trouvait un beau lilas dans lequel j'amais grimper et lire.

Pour le rez-de-chaussée, il y avait un grand perron sous lequel on avait taillé des emplacements assez grands en voûtes arronies que nous appelions arcades pour ranger les fauteuils de jardins ou s'abriter d e la pluie et du vent.

Nous venions toujours à Bar à Pâques et au mois de septembre. Que de délicieux souvenirs de cette époque. Des oisillons tombés du nid que Germaine essayait  de sauver en les nourrissant avec du pain trempé, après leur mort et tout en larmes, je les enterrais dans le jardin.

Autre distraction : la grande lessive qui bouillait dans une lessiveuse sur un réchaud à charbon de bois, puis l'empilage du linge dans une brouette pour aller le rincer à la rivière, dans les lavoirs où le bruit des battoirs ne couvrait pas le babilage des laveuses, et enfin retour à la maison pour étendre, et cela sur les cordes tendues à cet efet dans le grenier.

Quel travail! oui, mais une fois ou deux par an.

Le jour des confitures était aussi source de joie. Il fallait d'abord faire la cueillette des groseilles, framboises et autres qui poussaient dans un jardin à quelques minutes de la maison, dénommé "jardin là-bas".

Ensuite confiture et léchage de bassine.

Ma bonne tante Hélène variait aussi les promenades et me faisait connaître les plantes : serpolet, bourrache, trèfle et autres; nous montions sur les "côtes" dans les petits chemins et on cueillait des mûres.

Je couchais dans l'alcôve du salon, juste derrière sa chambre. Il n'y avait pas d'électricité et on allait se coucher avec la lampe pigeon.

Pour le dîner et la soirée on allumait une lampe à pétrole, cette douce lumière et celle du feu de bois cadraient fort bien avec le reste.

par Marie-Christine publié dans : Mamie
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Mardi 20 mars 2007

Quelques mois après, un mauvais souvenir, une rougeole compliquée de bronchopneumonie qui m'a laissée des séquelles toute ma vie. Je fus sauvée de justesse, parait-il, grâce à la mère de papa qui, venant me voir un soir, s'parçut que je j'étouffais et a fait alerter un vieux docteur avec une couronne de cheveux blancs, le seul qu'on ai pu trouver à ctte heure là, n'ayant rien il m'a mis des ventouses avec des verres fins. Je le vois encore et moi aussi lui disant en pleurant : "arrêtez, mon petit docteur chéri, vous me fates trop mal."  Les jours suivants, emballage dans des draps mouillés sur une table dans le bureau et bains chauds dans une baignoire louée pour l'occasion. Une fois guérie, j'ai été très heureuse de retrouver ma classe et mes compagnes.

Quelques temps après le Cours a déménagé et cela a été un traumatisme pour moi, j'adorais ma classe et le jardin, mais il y avait de plus en plus d'élèves et on s'installa au 4 rue Oudinot.

par Marie-Christine publié dans : Mamie
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Vendredi 2 février 2007

L'année de mes sept ans revêt pour moi une grande importance. La nouveauté était de faire la Première Communion à sept ans. Maman n'était pas d'accord, elle a fini par accepter moyennant la promesse que je ne ferais pas de Communion Solennelle. J'ai gardé un merveilleux souvenir de cette journée de mars 1912. Une robe blanche, courronne de fleurs sur la tête et la chapelle pour moi toute seule et ma famille, toute illuminée et fleurie. Même mon arrière-grand-mère était venue de Bar-sur-Seine.

Il y a eu un déjeuner à la maison avec ds fleurs sur la table et mon oncle Jacques en avait mis quelques unes à sécher.

par Marie-Christine publié dans : Mamie
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