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Mamie

Lundi 15 janvier 2007

I- Naissance

C'était en 1904, le 17 octobre à six heures trente, un bébé ouvrait se yeux à la lumière. Elle fut prénommée Colette, malgré les dénégations de l'employé de mairie qui ne connaissait pas ce nom là!

Après cette longue et douloureuse naissance il lui fallu un long moment pour arriver à respirer. La maman, très faible, ne pouvant s'occuper, ni nourrir son bébé, on trouva une nourrice au bureau de placement. C'était une belle brune, belge, avec de bons "biberons" et qui venait avec toute sa tendresse de maman; elle qui avait dû par manque d'argent, quitter son propre enfant. Elle n'avait que moi à s'occuper, servie comme les patrons par une préposée destinée à cet emploi.

Les années passèrent, sans doute deux ans, et elle retourna auprès de ses deux filles, mais ne m'oubliait pas et maman lui donnait de mes nouvelles.

Par Marie-Christine
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Dimanche 21 janvier 2007

Je n'ai pas de souvenirs du drame pécuniaire qui, après une faillite peu glorieuse nous amena dans l'appartement du 136 rue de Vaugirard, pas plus que de l'installation.

D'après ce que j'ai pu en savoir plus tard, c'est que cette époque fut dure, surtout, je pense, pour maman, pe tite fille gâtée de cette époque là, ne sachant ce qu'il adviendra demain et devant le vide laissé par la disparition des amis des heureux jours.

Je n'ai pas de souvenirs précis de ces années là, je me vois jouant dans la pièce appelée bureau, près de maman. Elle m'emmenait aussi au Luxembourg et aussi chez Mémé au Chesnay dans son magnifique jardin, il y avait un grand pigeonnier avec des pigeons paons tout blancs et un bassin avec des poissons rouges. Mon oncle Jacques était pour moi un grand frère. Il m'a installé une balançoire entre deux peupliers et me faisait monter dans son musée : une grande chambre au deuxième étage avec des vitrines et des oiseaux empaillés, des pierres diverses, des coquillages, un oeuf d'autruche que j'avais la permission de toucher!

Par Marie-Christine
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Samedi 27 janvier 2007

A cinq ans, commencement de la vie sérieuse : la rentrée en classe, accompagnée le premier matin par papa et maman et laissée aux soins d'une demoiselle chargée des petits. C'était au 73 rue de Vaugirard. Le cours Thérèse Chapuis, tenus par des religieuses sécularisées. La directrice était appelée "Madame". Je me souviens que la classe était rose avec de petits bureaux et donnait sur le jardin. De l'autre côté de ce jardin, les classes des grandes et la chapelle. J'étais très contente d'avoir des compagnes et de jouer avec elles dans le jardin.

J'étais très heureuse d'avoir des compagnes, on ne disait pas camarades. Je rentrais déjeuner à la maison. J'étais assez sage, mais cela n'a pas toujours duré, je préférais le jeu et j'étais bavarde. Jusqu'à sept ans je dînais sur ma petite table dans le burea à six heures, mes parents à huit heures, je devais être couchée de bonne heure. Tous les soirs, c'est moi qui faisais cuire mon oeuf brouillé, perchée sur un tabouret pour être à la hauteur du fourneau à gaz, lui même sur un meuble assez haut.

A cette époque, plutôt les années d'avant, pendant les grandes vacances, nous étions invités tous les trois au Tréport chez une vieille dame qui avait une villa avec un jardinet sur l'esplanade de la palge. MAis pour m'y emmener (à la plage-ndle), il falait que papa demande la permission et il m'avait acheté un costume rouge à culotte courte. Maman restait "faire la cour" à la maîtresse de céans ainsi que d'autres personnes invitées pour le thé. Dans le jardin il y avait des sièges en paille ou rotin couverts à moitié pour éviter le vent. (La vieille dame était la grand-mère de celle qui a été la marraine de Joé (mon père Joachim, ndle), Louise Bonneau).

Une autre partie des vacances se passait à Bar-sur-Seine.

Par Marie-Christine
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Vendredi 2 février 2007

L'année de mes sept ans revêt pour moi une grande importance. La nouveauté était de faire la Première Communion à sept ans. Maman n'était pas d'accord, elle a fini par accepter moyennant la promesse que je ne ferais pas de Communion Solennelle. J'ai gardé un merveilleux souvenir de cette journée de mars 1912. Une robe blanche, courronne de fleurs sur la tête et la chapelle pour moi toute seule et ma famille, toute illuminée et fleurie. Même mon arrière-grand-mère était venue de Bar-sur-Seine.

Il y a eu un déjeuner à la maison avec ds fleurs sur la table et mon oncle Jacques en avait mis quelques unes à sécher.

Par Marie-Christine
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Mardi 20 mars 2007

Quelques mois après, un mauvais souvenir, une rougeole compliquée de bronchopneumonie qui m'a laissée des séquelles tout e ma vie. Je fus sauvée de justesse, parait-il, grâce à la mère de papa qui, venant me voir un soir, s'parçut que je j'étouffais et a fait alerter un vieux docteur avec une couronne de cheveux blancs, le seul qu'on ai pu trouver à ctte heure là, n'ayant rien il m'a mis des ventouses avec des verres fins. Je le vois encore et moi aussi lui disant en pleurant : "arrêtez, mon petit docteur chéri, vous me fates trop mal."  Les jours suivants, emballage dans des draps mouillés sur une table dans le bureau et bains chauds dans une baignoire louée pour l'occasion. Une fois guérie, j'ai été très heureuse de retrouver ma classe et mes compagnes.

Quelques temps après le Cours a déménagé et cela a été un traumatisme pour moi, j'adorais ma classe et le jardin, mais il y avait de plus en plus d'élèves et on s'installa au 4 rue Oudinot.

Par Marie-Christine
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